Si vous pensez que les licornes ne sont que d'enfantines créatures multicolores, osez poussez les portes de cet article pour en découvrir un peu peu plus sur leur vrai visage, leurs mythes et légendes.
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Idées reçues
Les licornes font partie de ces créatures mythiques si profondément ancrées dans l’imaginaire collectif que l’on oublie facilement la richesse de leur histoire, entre contradictions et évolutions. Derrière l’animal féerique "mignon" d’aujourd’hui se cache un mythe ancien, complexe et parfois surprenant.
- Non, la licorne est un cheval blanc avec une corne. En réalité, cette représentation est tardive (Moyen Âge européen). Les premières licornes décrites ne ressemblent pas du tout à un cheval élégant.
- Non, la licorne n'est pas toujours douce et bienveillante. Dans de nombreux récits anciens, elle est sauvage, dangereuse, presque indomptable, parfois même agressive.
- Non : la licorne n'est pas qu'un mythe européen. Des créatures très proches existent en Mésopotamie, Inde, Perse, Chine et Afrique.
- Non, la licorne n'est pas un symbole enfantin. Jusqu’au XVIIIᵉ siècle, la licorne est surtout un symbole religieux, alchimique et politique, pas du tout un personnage pour enfants.
Origines du mythe
Pour commencer, il faut savoir que les premières traces au sujet des licornes apparaissent vers -3000, en Mésopotamie (sur des sceaux de la vallée de l’Indus). On y voit des animaux à une seule corne, bien que relativement stylisés.
Dans la Grèce antique, le médecin grec Ctésias (Vème siècle avant notre ère) décrit un animal indien constitué d'un corps d'âne ou de cheval, à la tête rouge sombre où trône une corne multicolore (description sans doute plus proche d'un rhinocéros indien, mais qui stimula l'imagination.
En réalité, au cours de l'histoire, plusieurs animaux réels ont nourri le mythe. Tels que le rhinocéros, l'oryx (antilope vue de profil), le narval (sa défense vendue comme “corne de licorne”), en encore les élans ou chèvres malformées. Au Moyen Âge, des “cornes de licorne” étaient vendues à prix d’or comme antidote universel.
Moyen Âge européen
C’est là que naît la licorne que nous connaissons. Elle est alors décrite avec un corps de cheval (ou de chèvre), des sabots fendus, parfois une barbiche (proche du bouc), et surtout: une longue corne spiralée. Elle devient un animal plein de paradoxes : pure mais indomptable, douce mais mortelle, céleste mais animale.
Evoquant en premier lieu la pureté et la chasteté, on disait alors que seule une vierge avait le pouvoir de s'en approcher. A sa corne était attribuée une multitude de vertus, comme le pouvoir de neutraliser les poisons, de percer les armes, ou encore comme représentation de la vérité transperçant tout mensonge.
Ses représentations se répandent alors, les plus célèbres étant celles ornant de nombreux blasons (beaucoup du Royaume-Uni et de l'Ecosse), mais surtout la célèbre tapisserie de La Dame à la Licorne. Entre sature sauvage et civilisation, instinct et spiritualité, corps et esprit, elle va jusqu'à symboliser l'unité absolue (le "Un") dans l'alchimie.
Quelques légendes de licornes
- La licorne d’Inde (récits perses et grecs).
Dans les récits de Ctésias, une licorne indienne possède une corne multicolore, est incroyablement rapide et impossible à capturer vivante.
Son symbole est ici l'altérité radicale, le monde inconnu et lointain. Évoquant la puissance indomptable de la nature, ainsi que le savoir inaccessible. Elle est alors l'allégorie du mystère de l'Orient, jamais pleinement saisissable.
- La licorne empoisonnée (antiquité gréco-romaine).
Selon Pline l’Ancien et d’autres auteurs antiques, la licorne plonge sa corne dans une eau empoisonnée, la rendant potable pour les autres animaux avant de boire elle-même.
Elle devient alors un symbole alchimique de la purification par le sacrifice, mais aussi royal par le souverain juste qui protège son peuple avant lui-même, et même de rétablir l'ordre cosmique par un être unique. Figure du gardien.
- La licorne et la vierge (Europe médiévale).
La licorne, créature sauvage et indomptable, ne peut être capturée que si une jeune vierge est placée seule dans la forêt. Attirée par sa pureté, la licorne vient poser sa tête sur ses genoux, devenant vulnérable. Les chasseurs peuvent alors la tuer ou l’enchaîner. Ce thème apparaît dans de nombreux bestiaires médiévaux, et dans les célèbres tapisseries de La Dame à la licorne.
Dans la spiritualité chrétienne la licorne évoque le Christ tandis que la vierge incarne Marie. Ici, la force brute se soumet à l'innocence, offrant une dimension initiatrice où la violence ne se maitrise pas par la force mais pat la pureté intérieure
- La corne de licorne et les rois (Europe, Moyen Âge et Renaissance).
Les rois possédaient des “cornes de licorne” (en réalité des défenses de narval) censées neutraliser tous les poisons et protéger des assassinats. Certaines coupes royales étaient même taillées dans cette matière.
Elle incarne alors le pouvoir "légitime" détenu uniquement par le roi juste, transperçant le mensonge et le complot, par l'axe divin-terrestre qu'elle représente.
- La mort de la licorne (tapisseries et légendes européennes).
La licorne est traquée, blessée, tuée… puis parfois représentée vivante à nouveau, enfermée dans un jardin clos.
Ce symbolisme est souvent repris dans l'art médiéval. Nous y retrouvons la notion de mort et résurrection, de cycle de transformation, de renaissance de l’esprit... Des thèmes profondément initiatique, proche des mystères antiques.
- Le Qilin (Chine).
Le Qilin, souvent traduit à tort par “licorne chinoise”, apparaît uniquement sous le règne d’un empereur sage. Il marche sans écraser l’herbe, n’ôte jamais la vie, et annonce la naissance ou la mort d’un grand homme (comme Confucius).
Sous ces traits, elle incarne l'harmonie cosmique, l'équilibre du Yin et du Yang, la justice parfaite, ainsi que le mandat céleste du souverain. Elle n'est plus sauvage, mais devient d'ordre du monde incarné.
- La licorne et le lion (Écosse)
Sur les armoiries écossaises, la licorne apparaît enchaînée, opposée au lion anglais. Elle est réputée trop dangereuse pour être libre.
Dans cet exemple, elle évoque la liberté contenue par la loi, la puissance spirituelle contre le pouvoir brutal, ainsi que la souveraineté nationale, ses chaînes représentant alors une forme de discipline volontaire.
- La licorne invisible (traditions ésotériques).
Dans certaines traditions mystiques, la licorne ne peut être vue que par ceux dont l’âme est purifiée. Les autres passent à côté sans la percevoir.
Ici, elle devient le symbole de la connaissance intérieure, de l'initiation spirituelle et de la révélation personnelle, véritable miroir de l'âme.
Conclusion
Vous l'aurez compris, la licorne est une créature bien plus complexe et riche en symboles que beaucoup le pensent. Loin de n'être qu'une mignonne peluche arc-en-ciel, elle fascine les hommes depuis toujours, traversant les frontières pour répandre ses mythes au travers du monde.
Unique et rare, symbole moral, spirituel, politique ou alchimique, elle dépasse de loin le simple animal merveilleux que nous imaginons bien souvent. Ouvrez votre vie à sa magie...
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